SEP Jordan

24/11/2020

SEP Jordan is a social enterprise that works with over 350 embroiderers who live in refugee camps in Jordan. Their creations are then sold on the SEP website, based in Geneva.

Roberta Ventura, the very dynamic founder and CEO of SEP Jordan, took the time to answer my questions.

How does the training of embroiderers take place?
Huda and Hana are professional embroiderers. They saw traditional techniques disappear (such as the Bethlehem stitch) and joined forces with an Italian expert in embroidery to develop a 2-month course. More than 80 women are thus trained each year at our Academy. They must already know the basics of embroidery, then we help them refine their techniques to reach a good professional level.

How do they work?
Embroiderers do not work more than 4 hours per day. In addition to the time needed to support often large families, women rarely have access to a good light source (outside of our workshop). In fact, we distributed over 180 pairs of glasses to over 200 embroiderers last year.
They most often work seated on a low sofa (the equivalent of a mattress on the floor) with their knees raised. They seldom use a hoop or a frame, except for the realization of certain stitches related to a special order.
To ensure the regularity of the work, the fabric is covered with a fine mesh which is then removed thread by thread once the embroidery is completed.

What are the patterns and how are they chosen?
The patterns are chosen in collaboration with the embroiderers who are familiar with their repertoire (design, symbolism, colors) and the SEP team. Roberta Ventura always has the last word.
Four motifs are regularly used: Alhambra, Koutubia, Sultan Han and Putrajaya. Only the keffiyeh are left entirely to the choice of the embroiderers: these pieces are thus always unique in their association of colors and patterns.
The motifs are both from the Palestinian tradition, passed down from generation to generation, from the influence of the Islamic Geometric culture and from the modern interpretation that SEP makes of it. Islamic art does not represent God. The artists therefore developed “geometric perfection” to symbolize “divine perfection”. Despite these changes, in the eyes of connoisseurs, it is still possible to trace the origin of a motif, in connection with a religious holiday or a village.
It is always possible to order special embroidery: patterns, stitches, colors, fabrics are then adapted.

Jerash Camp was established in 1967. It has grown into a town, but with little openness to the world. Since the Syrian conflict, new refugees have arrived, bringing their know-how with them. Syrians often practice crochet. They therefore have real manual skills which can be transposed to embroidery techniques.

For now, the embroiderers are just decorating the fabric. These are then put in place by professional dressmakers in Italy. But we have a plan to give sewing lessons at the Jerash Camp to allow more local investment.

The contribution of SEP Jordan
This approach allows many women to obtain an income as well as social and professional recognition. It also allows real rest in a difficult life: these hours of embroidery act as moments of meditation where thoughts are focused on the stitches to be created. After these hours, the embroiderers say they feel lighter and calmer. Which ultimately is just as important as earning an income by creating a beautiful work.

For more information: https://sepjordan.com

Al-Majdal – story of a pattern
This motif comes from the village of the same name. Known in Antiquity as Ashkelon, this port has been controlled by many peoples, each bringing its influence: Egyptians, Canaanites, Philistines, Assyrians, Babylonians, Greeks, Phoenicians, Hasmoneans, Romans, Persians, Arabs and Crusaders, until its destruction in 1270 by the Mamluks. In the 15th century, the village of Al-Majdal was built a few kilometers away, inland, under the control of the Ottomans. In 1918 it became part of the Territory controlled by the English. In 1920 it became part of Palestine.

Before 1950, women created clothes that differed from one region to another by the embroidery patterns. For those who knew the variations of styles, patterns, colors, a simple glance allowed them to know where the embroiderer came from and her marital status: single, married, widowed, or women seeking to remarry.

The content of this site is free and is not damaged by un-welcomed publicity. I do this work with love and passion but it requires a lot of time. I would like to continue to offer a wider market to our artists, to show how embroidery is a wonderful art. But I do need a little bit of help. If you feel like it, you can participate with a little donation to help me continue. I will be so grateful! Thank you! Claire

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SEP Jordan

28/03/2019

SEP Jordan est une entreprise sociale travaillant avec plus de 350 brodeuses qui vivent dans des camps de réfugiés en Jordanie. Leurs réalisations sont ensuite vendues sur le site de SEP, basé à Genève.

Roberta Ventura, sa très dynamique fondatrice et CEO, a pris le temps de répondre à mes questions.

Comment se déroule la formation des brodeuses?
Huda et Hana sont des brodeuses professionnelles. Elles voyaient les techniques traditionnelles disparaitre (comme le point de Bethlehem) et se sont associées à un expert italien en broderies pour développer un cursus de 2 mois. Plus de 80 femmes sont ainsi formées chaque année à notre Académie. Elles doivent déjà connaître les bases de la broderie, puis nous les aidons à affiner leurs techniques pour atteindre un bon niveau professionnel.

Comment travaillent-elles?
Les brodeuses ne travaillent pas plus de 4 heures par jour. Outre le temps nécessaire à l’entretien de familles souvent nombreuses, les femmes ont rarement accès à une bonne source lumineuse (en dehors de notre atelier). Nous avons d’ailleurs distribué plus de 180 paires de lunettes à plus de 200 brodeuses l’année dernière.

Elles travaillent le plus souvent assises sur un canapé bas (l’équivalent d’un matelas posé sur le sol), les genoux relevés. Elles utilisent rarement un tambour ou un cadre, sauf pour la réalisation de certains points liés à une commande spéciale.

Pour garantir la régularité du travail, le tissu est recouvert d’un fin grillage qui est ensuite retiré fil par fil, une fois la broderie terminée.

Quels sont les motifs et comment sont-ils choisis?
Les motifs sont choisis en collaboration avec les brodeuses qui connaissent bien leur répertoire (dessin, symbolisme, couleurs) et l’équipe de SEP. Roberta Ventura a toujours dernier mot.
Quatre motifs reviennent régulièrement: Alhambra, Koutubia, Sultan Han et Putrajaya. Seuls les keffieh sont laissés entièrement au choix des brodeuses: ces pièces sont ainsi toujours uniques dans leur association de couleurs et de motifs.
Les motifs sont à la fois issus de la tradition Palestinienne, transmis de générations en générations, de l’influence de la culture dite Géométrique islamique et de l’interprétation moderne qu’en fait SEP. L’art islamique ne représente pas Dieu. Les artistes ont donc mis au point la «perfection géométrique» pour symboliser la «perfection divine». Malgré ces changements, pour les yeux des connaisseurs, il est toujours possible de retrouver l’origine d’un motif, en lien avec une fête religieuse ou un village.

Il est toujours possible de commander une broderie spéciale: motifs, points, couleurs, tissus sont alors adaptés.

Le camp de Jerash a été créé en 1967. Il est devenu une ville, mais jouissant de peu d’ouverture au monde. Depuis le conflit syrien, de nouveaux réfugiés sont arrivés, apportant avec eux leur savoir-faire. Les syriennes pratiquent souvent le crochet. Elles ont donc une vraie habilité manuelle qui peut être transposée aux techniques de la broderie.

Pour l’instant les brodeuses ne font que le décors des pièces. Celles-ci sont ensuite mises en place par des couturiers professionnels en Italie. Mais nous avons le projet de donner des cours de couture au Camp de Jerash pour permettre un investissement local plus étendu.

L’apport de SEP Jordan
Cette démarche permet à de nombreuses femmes d’obtenir un revenu ainsi qu’une reconnaissance sociale et professionnelle. Elle permet également un vrai repos au sein d’une vie difficile: ces heures de broderie agissent comme des moments de méditation où les pensées sont focalisées sur les points à créer. Après ces heures, les brodeuses disent se sentir plus légères et plus calmes. Ce qui finalement est tout aussi important que de gagner un revenu en créant une belle œuvre.

Pour plus d’informations: https://sepjordan.com

Al-Majdal – histoire d’un motif
Ce motif vient du village du même nom. Connu dans d’Antiquité sous le nom de Ashkelon, ce port a été contrôlés par bien des peuples, chacun apportant son influence: Égyptiens, Cananéens, Philistins, Assyriens, Babyloniens, Grecs, Phéniciens, Hasmonéens, Romains, Perses, Arabes et Croisés, jusqu’à sa destruction en 1270 par les Mamelouks. Au XVème siècle, le village d’Al-Majdal fut construit à quelques kilomètres de là, dans les terres, sous le contrôle des Ottomans. En 1918 il entre dans le Territoire contrôlé par les Anglais, puis en 1920 dans la Palestine.

Le contenu de ce site est accessible gratuitement et n’est pas modifié par de la publicité. Ce travail prend du temps et pour être sûre de pouvoir continuer à faire connaitre nos artistes et l’art de la broderie, j’ai besoin d’un peu d’aide. Si une fois à l’occasion vous pouvez faire un petit don, je vous en serai très reconnaissante ! Merci! Claire

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